Canicule et transports publics à 50 °C
Nous sommes écrasés de chaleur et les transports publics symbolisent l’abandon organisé des services publics.
En Île-de-France, des conducteurs de bus travaillent dans des véhicules à plus de 50 ° C. Et tous ceux qui n’ont pas la possibilité de se déplacer en voiture climatisée, savent de quoi nous parlons.
Des bus et des trains transformés en étuves roulantes dans lesquelles s’entassent des centaines de personnes qui n’ont pas d’autre choix pour se déplacer. C’est un supplice quotidien.
Ce n’est pas un problème de confort. C’est une mise en danger délibérée de la santé des salariés et des usagers.
C’est une honte, surtout que les prix des transports – comme les températures – ne cessent de grimper.
Le Syndicat des Gilets Jaunes a donc adressé un nouveau courrier à Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités. Un premier courrier avait déjà été envoyé le 7 avril 2026 pour dénoncer la dégradation du réseau RATP CAP Boucles de Marne.
Aucune réponse ne nous a été apportée.
Et pendant ce temps, la situation ne cesse de se dégrader… et les températures ne cessent de monter.
Transports publics : des salariés et des usagers exposés à des températures indignes
Les remontées du terrain sont plus qu’alarmantes.
Des relevés effectués directement dans les bus montrent des températures de 47,5 °C dans certains postes de conduite. D’autres relevés dépassent 50 °C dans les espaces voyageurs !
Un conducteur qui roule dans une telle chaleur risque le malaise, la déshydratation, la perte de vigilance et l’accident.
Bien évidemment, les usagers sont aussi exposés.
Enfants, personnes âgées, personnes malades, femmes enceintes, personnes vulnérables : tous subissent les conséquences de cette situation intenable.
Pour les salariés, aller travailler en période de canicule est devenu un calvaire et une souffrance. Et un risque certain pour la santé.
Des alertes ignorées, une responsabilité assumée par personne
Le Syndicat des Gilets Jaunes avait déjà alerté sur la situation dès le mois de mai.
Nous avions saisi Valérie Pécresse en avril 2026 sur la vétusté des bus, les problèmes de sécurité, les pénalités injustes contre les salariés et la dégradation du service tout entier.
Les bus sont dans un tel état que certains ont pris feu : voir photo.
Mais Île-de-France Mobilités se cache derrière RATP CAP, société privée à laquelle Madame Pécresse a offert une délégation de service public. C’est donc RATP CAP qui gère le parc des bus.
Mais quand on alerte RATP CAP, elle répond que c’est la Région qui prend les décisions et qui doit acheter de nouveaux bus…
Bref, tout le monde encaisse l’argent, mais personne n’est responsable.
C’est la logique bien connue des pouvoirs publics qui laissent se dégrader nos services publics pour les vendre aux plus offrants. C’est-à-dire à des organismes privés qui n’ont pas d’autres objectif que celui de la rentabilité.
C’est la même chose pour la santé, l’éducation…
La privatisation détruit nos services publics. Et ce sont bien évidemment les salariés et les usagers qui en paient le prix. Dans tous les sens du terme.
Les usagers paient toujours plus cher pour un service dégradé
Car pendant ce temps-là, le prix des transports augmente constamment !
Le ticket t+ est passé à 2,50 euros au 1er janvier 2025. Pendant les Jeux olympiques, le ticket a même atteint 4 euros.
Les salariés ont dû gérer la colère et l’incompréhension du public. Et dans le même temps, le vieillissement et le manque d’entretien du parc de bus. Avec des pannes et des incidents à répétition.
Et en période de canicule, certains véhicules deviennent plus que dangereux. Car la chaleur extrême tue.
Comment peut-on encourager les gens à prendre les transports publics plutôt qu’un véhicule individuel polluant dans ces conditions ? De qui se moque-t-on ?
Une hypocrisie écologique insupportable
Les pouvoirs publics parlent sans cesse de la nécessaire transition écologique.
Ils nous expliquent qu’il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre, pointent du doigt les véhicules individuels et multiplient les restrictions de circulation.
Nous partageons à 100% le constat d’urgence : le monde doit impérativement prendre des mesures immédiates pour réduire les émissions polluantes qui bouleversent le climat et tout l’écosystème qui constitue l’habitat de l’humanité.
Pas de doute là-dessus.
Mais par pitié, assez d’hypocrisie ! Arrêtez de culpabiliser les individus alors que les politiques publiques vont à l’encontre de l’intérêt général !
On ne peut pas à la fois augmenter les prix dans les transports publics, les laisser se détériorer au point de les rendre dangereux et stigmatiser ceux qui y renoncent.
Est-ce que Madame Valérie Pécresse irait bosser tous les jours dans un bus à plus de 50 °C ?
Nous connaissons tous la réponse.
Des transports publics pourtant indispensables à la vie en société
Les transports publics sont un bien commun précieux et non une vulgaire marchandise.
Ils relient les quartiers, les villes et les territoires. Ils permettent d’accéder à l’emploi, de se soigner, d’aller étudier, de voir ses proches.
Il permet à chacun de participer et de s’intégrer pleinement à la vie en société.
Sans transports publics dignes, les inégalités et la précarité explosent.
C’est donc notre responsabilité de les protéger et d’exiger, dans ce domaine comme dans les autres, un traitement digne pour tous.
Des exigences immédiates et des mesures pérennes
Face aux températures extrêmes relevées dans certains bus et aux malaises déjà constatés, le Syndicat des Gilets Jaunes exige des pouvoirs publics une vision pérenne et des mesures d’urgence immédiates :
- la mise à l’arrêt immédiate des véhicules présentant des températures incompatibles avec la sécurité et la santé ;
- la reconnaissance sans délai des situations de danger grave et imminent signalées par les agents ;
- la protection effective des conducteurs et des voyageurs par tous moyens ;
- la gratuité des transports pour les usagers pendant l’épisode caniculaire ;
- une modernisation complète et immédiate du réseau de bus ;
- la fin de la logique de rentabilité qui détruit le service public ;
- la mise en œuvre de politiques écologiques cohérentes et pérennes.
Nous rappelons que chaque conducteur confronté à une situation présentant un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité dispose du droit d’alerter son employeur et d’exercer son droit de retrait dans les conditions prévues par l’article L.4131-1 du Code du travail.
Les salariés ne doivent pas risquer leur santé et leur sécurité pour faire rouler les bus qui ne sont volontairement pas entretenus. Les usagers ne doivent pas payer toujours plus cher pour voyager dans des conditions indignes et dangereuses pour leur santé.
Pour une vie digne, libre et éclairée, nous ne lâcherons RIEN !





