Graves dérives au BHV

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Graves dérives au BHV

Le Bazar de l’Hôtel de Ville – plus connu sous le nom de BHV – n’a jamais aussi bien porté son nom.

Car il semble que la direction actuelle cumule les mauvais choix et sème le chaos.

Après les polémiques sur la présence de Shein, la chute du chiffre et les fournisseurs non payés (il y en aurait pour plusieurs millions quand-même ), voilà que le BHV se permet de traiter une représentante du syndicat des Gilets Jaunes comme une délinquante, au mépris du droit.

Le mieux, c’est que la représentante en question en parle directement.

Voici son témoignage.

« Mardi 28 avril dernier, je me présente tranquillement dans les locaux du BHV, 13 rue de la Verrerie, pour une réunion de négociation de protocole d’accord préélectoral. Un PAP en jargon syndical.

Des PAP, j’en ai fait des centaines dans toute la France, donc on peut dire que je suis rodée. Pourtant ce que j’ai vu ce jour-là au BHV, c’est une grande première !

Je n’en reviens toujours pas. J’explique d’abord le contexte. Les réunions de PAP servent à cadrer les modalités de vote des salariés pour élire leurs représentants pour les 4 prochaines années.

Donc, démocratie sociale oblige, tous les syndicats légalement constitués peuvent y participer pour tenter de trouver des candidats et participer au scrutin.

Tout ça est naturellement parfaitement cadré par le code du travail.

Mais le code du travail n’est pas – et de loin – le livre de chevet de la directrice des Ressources Humaines du BHV.

Comme a dit un camarade d’un autre syndicat autour de la table : « Ce serait bien que vous ouvriez un jour un code du travail, Madame ! ». C’est dire.

Mais revenons au déroulé des faits.

Mardi 28 avril, c’était la 3ème réunion. Il y en a toujours plusieurs, c’est un processus qui prend du temps.

Depuis la 1ère réunion, la directrice des Ressources Humaines du BHV s’était montrée très agressive avec moi et le représentant d’un autre syndicat indépendant, le SCID.

Elle avait décidé qu’on ne devait pas être là. Pur caprice autoritaire de sa part, car la loi dit le contraire.

D’autant que, de parfaite bonne foi, nous avions fourni les documents justifiant de notre capacité à participer à ces réunions.

D’autant également que les autres syndicats présents ont attesté que, oui, on pouvait bien être là.
Ça fait presque 30 ans qu’on fait du syndicalisme, alors forcément, on se connait.

D’autant enfin que la directrice des Ressources Humaines elle-même connaissait très bien le camarade du SCID pour l’avoir croisé chez son ancien employeur, le Printemps Haussmann.

Bref, on nageait en pleine mauvaise foi. Mais ça, on l’habitude. Les syndicats comme les nôtres, qui ne prennent pas les subventions, les gros patrons n’en veulent surtout pas.

M’enfin quand-même, le niveau d’agressivité de la DRH était remarquablement élevé. Nous avions peut-être sous-estimé sa détermination à nous virer du BHV, « quoi qu’il en coûte ».

Elle nous l’a clairement démontré lors de cette 3ème réunion. Nous voyant à nouveau à la table des négociations, la voilà qui recommence :

  • « Vous n’avez rien à faire ici, vous quittez les lieux ! »

Et d’ajouter : « Ce n’est pas la fête ».

Je lui demande calmement de baisser d’un ton et lui réexplique patiemment le droit.

Elle s’en fout et décide d’appeler la police. Bon ça aussi on a l’habitude, c’est l’effet « Syndicat des Gilets Jaunes » !

Mais ce dont on n’a pas l’habitude, c’est que la police se rende aveuglément complice de la direction, sans chercher à savoir qui est dans son droit. Dans le contexte, rappelons-le, d’une tranquille réunion syndicale.

Donc la police arrive et là, ça a été surréaliste. Surtout pour le collègue du SCID qui devait avoir une tête qui ne leur revient pas. Délit de faciès ?

La police nous demande nos pièces d’identité. Bon ok.

Ensuite ça monte crescendo. Mon collègue est mis les mains contre le mur, fouille au corps. Deux agents lui parlent vraiment mal, lui demandant sans arrêt s’il comprend le français.

Délit de faciès ? Ça se précise on dirait.

J’hallucine, je filme toute la scène.

Moi j’argumente, je leur dis qu’ils font une erreur, je leur explique précisément la situation et le droit qui s’applique en l’espèce.

Dialogue de sourds. Ils avaient décidé de nous foutre dehors, obéissant aux ordres de la DRH du BHV.

Ils l’expriment clairement : « Vous quittez les lieux, sinon nous ferons usage de la force ».

« Vous êtes sérieux là ? » Je m’époumone.
« Madame, je n’ai pas envie de faire usage de la force sur vous, mais si vous ne quittez pas les lieux, je le ferai ».

Mais je n’avais encore rien vu, les voilà qui menottent le collègue du SCID et qui l’embarque. Purement et simplement.

Il a traversé les locaux du BHV, menottes aux poignets et a été jeté dans une voiture de police qui est partie, toute sirène hurlante.

BHV : Le grand délire.

Moi ils m’ont raccompagnée dehors, sans menottes mais bien encadrée.

Je n’ai pas arrêté de filmer. C’est sur notre compte Facebook

bhv
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Les camarades des autres syndicats présents choqués par la scène, on fait un communiqué commun pour nous soutenir. Merci à eux.

Quant à nous, nous n’allons évidemment pas en rester là.

L’impunité devant les violations de la loi, on n’aime pas. Pas du tout.

Donc, nous avons saisi l’IGPN et portons plainte auprès du Procureur de la République contre la DRH du BHV et les agents de police qui se sont mal comportés.

Nous saisissons également le Défenseur des Droits et l’Inspection du travail.

Car cela crée un précédent très inquiétant. Il est très dangereux de voir un syndicaliste embarqué par la police, menottes aux poignets, dans une réunion syndicale où il ne s’est rien passé de particulier.

Qu’en dites-vous ?

Nous, on lâche RIEN. »

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